Nouvelle gouvernance

Portrait de Georges Sironval

Dans son dernier essai intitulé «Deux figures de l’individualisme», Vincent de Coorebyter analyse l’évolution du rapport au politique : « Aujourd’hui on va plus volontiers vers un mouvement comme Toute autre chose où il y a une égalité de base, sans chef, sans texte de doctrine, où tout le monde est le bienvenu, sans comité central. Il y a un malaise, un manque d’adhésion à l’égard des formes traditionnelles d’exercice du pouvoir. »

L’individualisme contemporain a aussi des répercussions sur le monde du travail. « Le management à la mode est au minimum en phase avec l’individualisme contemporain. Ce qui domine, c’est un chef qui est un animateur, une sorte de coach, quelqu’un qui par son sens de la communication et son ouverture va amener les autres à se fédérer autour d’un projet commun, dans lequel chacun va pouvoir se réaliser. »

Le monde de l'enseignement est touché lui aussi. Le modèle de direction actuel a montré ses limites. Face à ce constat, deux attitudes se profilent : celle qui, héritière du modèle hiérarchisé, se replie sur elle-même pour retrouver ses fondamentaux, et celle qui, actrice du changement, souhaite se prendre en main, s'ouvrir à l'évolution de la société et y participer.

C'est bien entendu à la deuxième attitude que les autorités académiques invitent toutes les parties prenantes de la Haute Ecole Albert Jacquard.

Ce n'est pas l'attitude la plus facile car elle demande de la part de chacun une remise en question, une prise de conscience. Il n'est plus question dans ce modèle de rejeter la faute sur une quelconque direction ou sur un quelconque pouvoir politique. Etre acteur c'est, aussi, être responsable.

Ce changement, la Haute Ecole compte en dresser les premiers contours ce mardi 10 novembre. A cet effet, les cours seront suspendus. Les étudiants qui le souhaitent et tous les membres des personnels se retrouveront au local B98 de la catégorie technique. L'accueil se fera à 9h00. La fin de la journée est prévue à 16h30.